Discours à Sa Sainteté Mar BaseliOs Mar Thomas Mathews I
Catholicos de l’Église malankare syro-orthodoxe

 

Kottayam, 8 février 1986

 

 

Votre Sainteté, Chers Amis et Frères dans le Seigneur,

« La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2 Cor 13, 13).

1. C'est pour moi, une joie de vous saluer avec ces paroles de foi et d’espérance qui sont adressées par Saint Paul aux chrétiens de Corinthe. Béni soit l'Esprit de Dieu qui nous a comblés de son amour et qui nous guide dans la plénitude de la Vérité. C'est le même esprit qui sème dans les cœurs des baptisés, de par le monde, le désir de se réunir dans une unité parfaite, pour accomplir la volonté de Jésus exprimée dans sa prière à son Père : « Que tous soient un afin que le monde croie » (Jn 17, 21). Nous devons d'abord remercier pour le rapprochement qui est survenu entre nos Eglises ces dernières années.

2. La visite que Votre Sainteté m'a faite, il y a trois ans, a marqué une étape importante dans notre cheminement vers une plus grande unité l'un avec l'autre et avec le Christ. C'est avec gratitude que j'évoque à la fois notre rencontre et votre pèlerinage aux tombeaux des Apôtres Pierre et Paul. Vous m’avez alors adressé des paroles pleines d'espoir et d’amour fraternel : « Il est de notre devoir, avez-vous dit, de nous repentir et de recréer l’histoire en accord avec la volonté du Seigneur ». A présent, nous sommes en train d’accomplir la volonté du Seigneur par un processus dont notre rencontre d'aujourd’hui, même si elle est brève, est un signe sûr. Nous ne pouvons tarder dans notre chemin vers l’unité ; nos séparations — comme toutes séparations entre ceux qui croient dans le Christ — sont un obstacle à la diffusion de l'Evangile et à la réalisation de notre mission. Je sais que Votre Sainteté a exprimé, à main­ tes reprises, son désir de constater des progrès dans les relations fraternelles entre Catholiques et Syriens Orthodoxes en Inde. Comme je vous l’ai dit lors de votre visite historique à l’Eglise de Rome : « L'œcuménisme au plan régional a une importance décisive pour la promotion générale de l'unité de tous les Chrétiens. L’unité est un signe distinct de la communauté chrétienne. Des divisions dans ses expressions diverses la retardent, parfois même la compromettent » (AAS, 75, 1983, pp. 1029-1030 et ORLF n. 24 du 14 juin 1983, p. 4).

3. Avec vous, je voudrais que nos Eglises trouvent bientôt des voies efficaces dans la solution apportée aux problèmes pastoraux urgents que nous devons affronter, afin que nous puissions progresser ensemble, dans un amour fraternel, et dans notre dialogue théologique, car c’est par ces moyens que la réconciliation entre les chrétiens et la réconciliation dans le monde peut aboutir. Je puis vous assurer que l’Eglise catholique, avec l’engagement qu’elle a pris au second Concile du Vatican est prête à participer entièrement à cette entreprise. La joie de vous saluer ainsi que votre délégation, ici, dans ce lieu sacré, Votre Sainteté, fortifie notre espoir et notre prière. Puisse le Seigneur hâter l’arrivée de ce jour où ayant vaincu les différences qui existent entre nous, nous pourrons célébrer l'Eucharistie, ensemble, à son saint autel. Je vous remercie pour cette rencontre, et j’implore la bénédiction de Dieu Tout-Puissant sur Votre Sainteté et sur le Clergé et le peuple de votre Eglise. Soyez assurés de mon amour en Jésus-Christ, Notre Seigneur.

 

[Service d'information 60 (1986/I-II) 14]